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L’acide folique réduit les malformations cardiaques du bébé

« L’acide folique dans le pain peut réduire le risque de malformations cardiaques chez les bébés », a rapporté le Daily Telegraph. Le journal indique que de nouvelles recherches canadiennes ont montré que l’ajout de la vitamine au pain et aux pâtes peut réduire le risque de malformations cardiaques congénitales (CHD) chez les bébés. Au Royaume-Uni, on s’inquiète du fait que l’apport accru en acide folique peut potentiellement masquer la carence en vitamine B12 chez les personnes âgées.

Les suppléments d’acide folique sont utiles dans les semaines précédant la conception et dans les 12 premières semaines de la grossesse, car ils réduisent le risque de malformations du tube neural telles que le spina bifida. Cette nouvelle analyse approfondie des taux canadiens de coronaropathie suggère également que l’ajout d’acide folique aux produits céréaliers depuis 1998 a réduit la prévalence des maladies coronariennes. Au cours des années précédant l’enrichissement, la prévalence des maladies coronariennes graves était de 1,64 cas pour 1 000 naissances, mais dans les années qui ont suivi, les taux de changement sont tombés à 1,47 pour 1 000. Bien que la recherche comporte plusieurs limites importantes, cette étude unique appuie les preuves antérieures d’une association entre les maladies coronariennes et l’acide folique, et devrait être considérée dans le débat sur l’enrichissement des produits alimentaires.

D’où vient l’histoire?

Cette recherche a été menée par Raluca Ionescu-Ittu du Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail et d’autres collègues de l’Université McGill, Canada. Le financement de l’étude a été fourni par la Fondation des maladies du cœur du Canada et le Fonds de la Recherche en Santé du Québec. L’étude a été publiée dans le British Medical Journal révisé par des pairs.

Quel genre d’étude scientifique était-ce?

Il s’agissait d’une analyse temporelle-tendancielle visant à déterminer s’il y a eu une réduction de la prévalence des maladies coronariennes graves depuis que le gouvernement canadien a instauré l’enrichissement obligatoire de la farine et des pâtes alimentaires en acide folique en 1998.

Bien qu’une association entre la supplémentation en acide folique et la réduction des anomalies du tube neural (comme le spina bifida) soit fermement établie, d’autres recherches suggèrent qu’elle pourrait également réduire le nombre de bébés nés avec une maladie coronarienne.

Les chercheurs se sont concentrés sur la province de Québec, identifiant tous les nourrissons nés de CHD sévères entre 1990 et 2005 en utilisant une base de données de dossiers médicaux depuis 1983. Ils ont utilisé des codes pour identifier les bébés atteints d’une CHD sévère à la naissance ou au cours des trois premières années de vie. . Ils ont également consulté le registre des décès du Québec pour trouver des bébés décédés ou morts-nés à la suite d’un CHD sévère. L’information sur le nombre annuel de naissances vivantes au Québec pour la période de 16 ans a été extraite des rapports de Statistique Canada.

Les CHD sévères analysées dans cette étude comprenaient celles avec tétralogie de Fallot, les défauts de coussin endocardiaque, les cœurs univentriculaires, le tronc artériel et les complexes de transposition. L’analyse a été limitée aux défauts sévères seulement, en raison de la possibilité d’une imprécision dans la détection des défauts légers.

Les chercheurs ont examiné les tendances de la prévalence à la naissance des maladies coronariennes graves avant et après la mise en œuvre en 1998 de l’enrichissement en acide folique des produits céréaliers. Les chercheurs ont découpé leur analyse en deux périodes: les naissances avant et après janvier 1999. Cela devait permettre un décalage de 15 mois entre l’annonce de la politique et sa mise en œuvre et un décalage entre la conception et la naissance.

Quels ont été les résultats de l’étude?

Au cours de la période de 1990 à 2005, il y a eu 1 324 440 naissances au Québec et 2 083 de ces bébés sont nés avec des cardiopathies congénitales graves. La prévalence moyenne à la naissance des CHD sévères au cours des années précédant l’enrichissement était légèrement supérieure à celle de la période suivant l’enrichissement. Avant l’enrichissement, le taux moyen était de 1,64 cas pour 1 000 naissances (intervalle de confiance à 95% de 1,55 à 1,73), alors qu’après la fortification, il y avait 1,47 cas pour 1 000 naissances (intervalle de confiance 1,37 à 1,58).

Une analyse distincte des types de défauts a montré que la prévalence à la naissance des anomalies impliquant des connexions anormales entre les cavités cardiaques ou les vaisseaux sanguins (malformations conotroncales) et d’autres types de coronaropathies (non conotroncales) était réduite dans les années suivant l’enrichissement.

L’analyse temps-tendance a montré qu’il n’y avait pas de changement annuel de la prévalence à la naissance des CHD sévères dans les neuf années précédant l’enrichissement (rapport de taux 1,01, intervalle de confiance à 95% de 0,99 à 1,03). Au cours des sept années qui ont suivi l’enrichissement, la prévalence a diminué significativement, diminuant de 6% chaque année (rapport de taux de 0,94, intervalle de confiance à 95% de 0,90 à 0,97).

Quelles interprétations les chercheurs ont-ils tirées de ces résultats?

Les chercheurs concluent de leur étude que l’enrichissement canadien en produits céréaliers avec de l’acide folique a été suivi d’une diminution significative de la prévalence des maladies coronariennes graves. Cela confirme la théorie selon laquelle la supplémentation en acide folique dans la période entourant la conception réduit le nombre de bébés nés avec des CHD sévères.

Que fait le NHS Knowledge Service de cette étude?

Cette analyse approfondie a examiné la prévalence changeante des maladies coronariennes graves au cours des années entourant l’enrichissement obligatoire en acide folique des produits céréaliers en 1998. L’étude a révélé que la prévalence à la naissance des maladies coronariennes graves a diminué de 1,64 pour 1000 naissances. par 1000 dans les sept années suivantes, avec une réduction progressive de la prévalence chaque année.

Il y a plusieurs points à garder à l’esprit concernant cette recherche:

Bien qu’il y ait un lien évident entre l’enrichissement et la prévalence réduite des cardiopathies congénitales à forte intensité de naissance, il est difficile de conclure que la diminution résulte clairement de l’enrichissement de la farine et des pâtes. Il n’y a pas d’information disponible sur la consommation de ces produits céréaliers par les femmes (c’est-à-dire si elles les consomment et combien elles consomment) tant chez les femmes dont les bébés sont nés avec des CHD que chez celles qui n’en ont pas.

Les femmes peuvent également continuer à prendre des comprimés d’acide folique au cours de la période de conception, et ne pas se fier uniquement à ce que l’on trouve dans les produits céréaliers. Le papier indique que la prise quotidienne visée avec la politique de fortification était significativement plus basse que celle avec la supplémentation multivitaminique.

Dans cette étude, il n’a pas été possible d’ajuster pour les nombreux autres facteurs qui pourraient potentiellement augmenter le risque de maladies coronariennes, par exemple la génétique, les infections maternelles, les maladies et l’exposition aux médicaments, la santé du père et les facteurs environnementaux.

Bien que des bases de données précises aient été utilisées pour obtenir des données sur les cardiopathies coronariennes graves, il existe une possibilité d’enregistrement inexact et d’erreurs de classification dans les bases de données. Il n’est pas non plus possible de commenter les interruptions de grossesse pouvant avoir été provoquées par la détection de CHD.

Les chercheurs disent qu’ils ne pensaient pas qu’il était possible de détecter tous les cas moins graves de coronaropathie. Cela signifie qu’un grand nombre de bébés avec d’autres conditions congénitales n’ont pas été inclus dans l’analyse.

Bien que les chercheurs aient accordé un délai pour la mise en œuvre de la politique d’enrichissement (basée sur les estimations américaines de la mise en œuvre de leur propre politique), il est possible que la période limite de janvier 1999 soit de plusieurs mois.

Néanmoins, il s’agirait de la première étude basée sur la population à étudier l’association entre l’enrichissement des céréales avec l’acide folique et la prévalence à la naissance des CHD sévères. Il soutient des preuves antérieures d’une association entre les maladies coronariennes et l’acide folique, et il va ajouter au débat sur les valeurs et les inconvénients de l’enrichissement national des produits céréaliers.